Le Perfectionnisme (philosophique)

Clinton, Obama

mardi 8 février 2011

Cela fait du bien de relire cet article de THomas Dumm paru en français dans dans un numéro consacré à Stanley Cavell de la revue Multitudes de décembre 2004.

Thomas Dumm y parle de l’élection de Clinton (1996) ; et voici quelle était sa conclusion :

L’échec des présidents américains à incarner la Constitution n’est pas simplement de nature institutionnelle. C’est la marque d’une crise de représentation qu’a précipitée ce que des théoriciens critiques aussi différents qu’Habermas et Lefort ont appelé « la pathologie de l’espace public », c’est à dire une subjectivité de masse qui, de plus en plus, dépend d’une identification uniforme par des sujets politiques dans un espace public homogène. L’échec des présidents américains pour trouver la bonne manière de représenter la souveraineté du peuple conduit à un phénomène de « starisation » des présidents, à travers des politiques d’identification-projection. En résumé, la tendance des présidentielles aujourd’hui est de réincarner le Corps Immortel à travers les moyens donnés par la société du spectacle.

Cela fait du bien rétrospectivement de voir le chemin parcouru depuis ce triste constat. Avec Obama, il y a une une avancée politique incontestable (y compris, si l’on y tient pour le parti démocrate lui-même). Il suffit de reprendre un à un les brins de la critique de Thomas Dumm et de voir comment Obama y a justement échappé pour incarner de manière perfectionniste la Constitution.

Voir en ligne : Clinton, les "deux corps du Roi" et la présidentielle spectacle

Répondre à cette brève

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0