Le Perfectionnisme (philosophique)
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La question politique perfectionniste : retour sur une élection

B.H Obama - une représentation politique du perfectionnisme- Ch 1

mardi 9 octobre 2012, par Pascal Duval

Ch 1 : La question politique perfectionniste : retour sur une élection

Ch 2 : Le paradigme de la conversation selon B.H Obama

Ch 3 : Le discours perfectionniste de B.H Obama du 18 mars 2008

Ch 4 :La perfection selon de B.H Obama

Ch 5 :Condition - Constitution - Caractère chez Stanley Cavell et Emerson

Ch 6 : Succès et échec de la philosophie

Ch 7 :La fin de l’esclavage

Ch 1 - La question politique perfectionniste : retour sur une élection

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His Girl Friday
Générique

Souvenons-nous d’une campagne haute en couleur : celle de Barack Hussein Obama qui devait mener à son élection le 4 novembre 2008. La presse, qui en a été évidemment l’agent principal, disait à l’époque que jamais une campagne américaine n’avait suscité autant de passions. Jamais les mots, les petites phrases, les automatismes de la langue, les attitudes des deux candidats n’avaient fait autant l’objet de décryptages et de commentaires.

En septembre 2008, une vidéo de moins de dix secondes prise sur une interview télévisée était diffusée sur internet. Cet extrait très court et isolé de son contexte montrait B.H Obama déclarant à un moment « John McCain did not talk about my muslim faith ». L’ interviewer paranoïaque l’oblige alors à reformuler sa pensée tellement il est ancré dans les esprits américains qu’il n’y a pour un candidat à la présidence américaine qu’une seule religion possible : la religion chrétienne. Mais l’idée que B.H Obama aurait reconnu ainsi sa foi musulmane commence à faire le tour de la planète. On imagine l’agitation dans les rédactions des journaux pour nous présenter ce qui est devenu à force de reprises la rumeur d’un lapsus calamiteux qui devait lui être fatal.

Cet épisode qui n’aura eu strictement aucun impact est révélateur. Il n’est pas sans rappeler cette scène du film His girl Friday (Howard Hawks – 1940) que commente le philosophe américain Stanley Cavell (dans Pursuits of happiness, paru dans sa traduction française en 2009) où un journaliste joué par Cary Grant compose au vif même des événements l’actualité et les rubriques de sa première page de journal (The Front Page, d’après le titre éponyme de la pièce à succès à l’origine du film). Il en invente de toutes pièces l’arrangement d’une manière particulièrement savoureuse, rangeant l’histoire d’un coq à la rubrique « Société » et les dernières nouvelles de Hitler aux « Faits Divers ». His Girl Friday est tout sauf une simple screwball comedy (si tant est que ce genre est au départ « simple », ce que des cinéastes qui en sont à l’origine comme Howard Hawks et Frank Capra contesteraient). En contrepoint des tribulations de deux journalistes à un âge ténébreux et soit disant révolu où, comme le rappelle le générique « getting that story » (fabriquer et répandre une histoire) était une question de vie ou de mort, Howard Hawks tisse une comédie avec les deux brins de nos sentiments publics et nos sentiments privés. Car His Girl Friday est une quête journalistique effrénée qui masque une autre poursuite : celle du héros pour retrouver le fil d’une relation interrompue avec sa propre femme. Ainsi l’ironie n’est-elle pas le seul ressort de ce film. Il comporte une leçon loin de tout pédagogisme et pédantisme. Ce sur quoi fait fond ce film et la raison pour laquelle il conserve toute sa fraîcheur, la vivacité de son action et la force hilarante (exhilarating dirait l’anglais) de ses dialogues, est qu’il fait en acte cette démonstration que notre degré d’acceptation de la société et notre capacité à entrer dans une éducation mutuelle se lisent l’un dans l’autre. Il se sert d’un motif qui court dans les comédie hollywoodiennes que Stanley Cavell a analysées sous le nom de « comédies de remariage » : celui du couple libre de se choisir hors de toutes les contraintes de la société.

Ce bricolage, cet arrangement continuel avec les mots et les idées ne datent donc pas d’hier. Rien ne semble avoir changé depuis le journalisme des années 30-40. Nous sommes toujours, partisans de la démocratie, confrontés au spectacle navrant de la fausse démocratie, bavarde et péremptoire. La question demeure d’un seul trait : comment l’accepter, comment y résister ? C’est une question « perfectionniste » dans un sens très précis, philosophique, et dont certains films hollywoodiens nous donnent encore la clé en le réfléchissant comme « renouvellement », « reprise » d’une alliance entre un homme et une femme, comme conversation heureuse.

A une forme de retour aussi ancien que le triomphe ambigu de la démocratie de masse en Amérique, se joignaient les effets accélérés et nouveaux d’une mondialisation. Mais une mondialisation qui possède aussi ses deux faces : l’une vers le rassemblement et le partage, l’autre vers la confusion. La campagne et l’élection de B.H Obama , nous a-t-on répété, ont été de rares moments de passions partagées mondialement. Mais qu’est-ce qu’avec un peu de recul cela signifiait-il au juste intellectuellement ? S’agissait-il d’une nouvelle phase du spectaculaire en politique ? C’est tout à fait ce que donnait à penser l’œuvre d’un artiste vidéaste italien, Francesco Vezzoli, présentée à la biennale de Venise (2007), sous le titre democrazy (« la démocratie devenue folle »). Cette œuvre montrait sur un double écran le spot publicitaire de deux candidats à la présidence des États-Unis, dans une campagne politique imaginaire digne d’un grand show avec tout son décorum. Pour symboliser cette rencontre de la politique, du star system, du monde médiatique et de la philosophie, Francesco Vezzoli choisit pour jouer le rôle du démocrate et du républicain les acteurs Sharon Stone et Bernard Henri Lévy sous les noms de Monsieur et Madame Hill (en référence évidente à la fameuse City upon a Hill). Les faux spots de leurs campagnes respectives laissaient fortement penser que Bernard Henri Lévy était le candidat démocrate et Sharon Stone la candidate républicaine. Le propos de cette œuvre était semble-t-il tout à fait construit pour répondre avec une touche d’esprit pop art à ce thème de la représentativité qu’on trouve chez ce père fondateur (mais sans cesse refoulé) de la pensée américaine : Emerson. Car que nous « disait », en fin de compte, cette œuvre ? Que nous étions parvenus à une époque où n’importe qui pouvait se porter à être représentatif, dans une sorte d’Amérique finale portée à l’extrême qui ne connaîtrait plus aucune frontière, qui aurait étendu son modèle à toutes les sphères et pour cette raison ne serait plus du tout l’Amérique historique, concrète, mais le nouveau nom d’une politique-spectacle totale. Dans ce sens, le propos de l’artiste se voulait à la fois visionnaire et amusant (mais non pas exhilarating … à moins que le ton de dérision postmoderne soit devenue notre seconde nature). Question : était-ce sérieux ? Si l’Amérique portait bien à ce moment, avec l’émergence du candidat B.H Obama, le poids d’un certain destin, n’était-il pas d’une toute autre nature que celle auquel participait cette œuvre jouant entre le mirage spéculaire de l’Amérique et le spectaculaire de son emprise sur le monde ? Là aussi le mouvement était double comme le prétendu progrès de la démocratie et aurait demandé la pratique des distinctions les plus fines requérant une philosophie qu’on pourrait appeler une politique des faux-amis.

Le double une fois lâché, celui-ci n’en finissait de se répliquer et de nous poursuivre. Un article paru dans le quotidien le Monde s’intitulait Que lisez-vous ? où l’on découvrait la commune admiration pour Hemingway à la fois de B.H Obama et de son rival John McCain. Et pas de n’importe quelle œuvre ! John McCain comme B.H Obama se réclamaient de Robert Jordan, le journaliste américain héros de For Whom The Bell Tolls (« Pour qui sonne le glas »). Difficile de ne pas voir, ici, l’épaisseur d’un rapport à une mémoire collective et à ses traces. Mais l’Histoire invoquée ici sonne deux fois : dans un cas on peut y voir le rôle des États-Unis dans les multiples guerres livrées à l’extérieur de son territoire, sa nature profondément conflictuelle, ce qu’on pourrait appeler son hybris. Mais dans l’autre cas on peut y voir également, comme le permettrait l’interprétation du film éponyme de Sam Wood (1943) avec Gary Cooper, héros emersonien s’il en est (songeons à Mr. Deeds Goes to Town [1936] ou Meet John Doe [1941] de Frank Capra), justement le signe d’un changement de l’intervention de l’Amérique dans l’Histoire. Rien ne paraissait pourtant plus si simple lorsque parût un article de philosophie magazine (article du 1er Décembre 2008) nous apprenant que le philosophe préféré de Barack Obama était Reinhold Niebuhr, un théologien chrétien très influent dans les débats intellectuels américains. Quelle surprise, après vérifications, de découvrir que cette revendication était également partagée par son opposant John McCain, du fait que Reinhold Niebuhr est le théoricien de la just (good) war (« la guerre juste ») !

Mais ce débat semblait dater de la colonisation des peuples indigènes ; comme en un curieux retour à la controverse de Valladolid. Aussi n’était-ce pas finalement à Edouard Glissant (avec Patrick Chamoiseau dans L’intraitable Beauté du Monde dès le début de l’année 2009) qu’il revenait de révéler la profonde fêlure et de lever du refoulé en célébrant l’épiphanie de la figure de B. H Obama dans ce qu’il appelait l’Histoire poétique du Tout-Monde :

Ces traites, y eut-il combien d’autres gouffres ouverts, sous toutes les latitudes, et concernant combien de peuples ! Mais ces Africains déportés ont défait les cloisonnement du monde. Eux aussi ont ouvert, à coups d’éclaboussures sanglantes, les espaces des amériques. Ils sont entrés dans la puissance étatsunienne, comme un de ses fondements, mais aussi comme un de ses manques.

L’histoire cachée de la véritable campagne de B.H Obama qu’aucun philosophe (excepté le poète) ne pouvait réellement saisir, au vif d’une actualité démultipliée et souvent dérisoires, et cerner les véritables enjeux, Edouard Glissant l’entendait, lui, à travers « cette rumeur de plusieurs siècles qui remonte du gouffre ».

Fécondité de cette campagne à la faveur de laquelle nous avons vu apparaître d’autres thèmes qui tentaient si ce n’est d’expliquer le phénomène B.H Obama du moins de faire la théorie de cet affolement du discours et de la pullulation des doubles Parmi eux celui du fameux Storytelling. Le Storytelling, véritable travail du récit élaboré notamment dans les séries télévisées américaines, est une idée radicalement simple mais redoutablement efficace qui veut que de bonnes idées politiques n’auront jamais autant d’impact qu’une bonne histoire (individuelle). Mais c’est une théorie minimale qui ne peut être poursuivi bien loin car, rabattement de l’Histoire sur l’histoire, le Storytelling est déjà en soi une théorie qui permet de mettre un individu en scène politiquement, d’instrumentaliser une histoire ou une aventure personnelle. Malgré le fait que le Storytelling ait quelque difficulté à se faire valoir comme le relai postmoderne du récit, il est devenu un sujet d’études en tant que technique de narration made in U.S (qui s’exporte comme beaucoup de techniques américaines et au même titre que la programmation neuro-linguistique ou les techniques d’harmonisation du Soi). Des articles ont paru dans la presse discutant le tournant qu’avait pris le parti démocrate en se saisissant de cette pratique dévolue traditionnellement au parti républicain. Par là passait une ligne que l’on a délibérément confondue avec la manière dont B.H Obama présentait effectivement sa propre histoire, ses origines et son éducation. Mais qui avait un tel intérêt à brouiller ainsi les frontières entre les techniques de manipulations et, beaucoup plus subtile et politiquement intéressante, la découverte de son autorité dans sa propre histoire ? Qu’est-ce que la représentativité ? Qu’est-ce qu’être représentatif ? C’est une question qui vient d’Emerson, le philosophe américain des vertus américaines dont B.H Obama illustre sans cesse l’importance notamment dans son discours du 18 mars 2008 de Philadelphie ; très loin du Storytelling qui est à la parole de B.H Obama ce que la sophistique est à la philosophie.

La manière dont nous avons vu nos pensées être impactées par un tel événement mondialisé n’a cessé de nous interroger durant toute cette campagne de la présidentielle américaine : le départ était-il toujours évident entre une représentation et son double ? La différence est-elle toujours évidente ? S’agissait-il d’ailleurs d’ authenticité et à vérifier son impossibilité dans le discours de courir le risque de s’en remettre à l’ « indécidabilité » d’un vouloir-dire politique ? Il n’est peut-être pas urgent de s’exposer au tranchant d’une quelconque décision. Ce dont il s’agirait, serait plutôt d’endurer une situation à la lisière, sans réelle possibilité de départ, en acceptant comme le dit Emerson parlant de ses concitoyens dans Self-Reliance (« Confiance en soi ») de ne pas savoir « par où commencer » :

Aucune de leurs vérités n’est tout à fait vraie. Leur deux n’est pas le vrai deux, leur quatre pas le vrai quatre ; si bien que chacune des paroles qu’ils disent nous chagrine, et nous ne savons où commencer à les corriger.

A l’impatience trop métaphysicienne, il faudrait substituer un scepticisme sur lequel non pas s’exerceront des forces de coupure, des violences, mais d’où pourraient s’élever des vertus. La première de celles-ci étant la patience : « Patience, et encore patience, nous vaincrons à la fin » dit Emerson en conclusion des difficultés qu’il rencontre sur la question de la guerre de sécession à son époque. Question de Stimmung : la patience est une vertu ou une tonalité dans l’épreuve de la vérité. On imagine Nietzsche, admiratif et grand lecteur d’Emerson dont il lui arrivait de raturer les pages de son édition, annotant Emerson, pour changer ici ou là les figures de l’« ami » en celle de l’« ennemi », changeant le nom des vertus. Mais ce sont toutes des figures jumelles au sein de ce qu’il appelle dans Ainsi parlait Zarathoustra « le combat intime des vertus entre elles ». Nietzsche, jumeau d’Emerson ? Il faut lire attentivement Schopenhauer Educateur à partir du pré-texte Emerson pour s’en convaincre (et par là amorcer tout un changement dans cette philosophie contemporaine qui vit, survit dit-on aussi, de la lecture de Nietzsche). Plus que jamais pendant la campagne de B.H Obama nous avons été renvoyés à des versions que l’on peut appeler avec Stanley Cavell des versions dénaturées du perfectionnisme. Parlant de la « Confiance en soi » émersonienne, Stanley Cavell écrivait bien avant ce déchaînement auquel nous avons assisté :

Les versions fausses ou dégradées du perfectionnisme semblent être partout de nos jours, depuis des best-sellers portant des titres du style Comment s’aimer soi-même, jusqu’à la campagne de publicité pour l’Armée de terre à la télévision encourageant à s’engager avec le slogan : « Réalisez-vous complètement ». Ces formules sont difficiles à distinguer d’une remarque d’Emerson où il mentionne ce qu’il appelle le « courage d’être ce que nous sommes ».

Ces versions dégradées, ces contemporains comment les réfuter ? Comment ne pas désespérer ? Comment repousser tous les doubles ? La solution réside dans une dimension intrinsèquement sceptique du politique, un scepticisme qui ne viendrait pas d’un défaut du savoir (scepticisme gnoséologique) mais qui serait bien plus révélateur de nos vie mélangées. Ce scepticisme va chercher à une autre profondeur les jugements sur lesquels nous entendons fonder une communauté. Un tel scepticisme est « vécu ». Dans les drames de Shakespeare les héros fous (les jaloux comme Othello, Leontes ou ceux comme Lear) veulent accéder à une connaissance qui précipite leur chute comme ce « curieux impertinent » de Cervantès qui, à vouloir obtenir la certitude de la fidélité de sa femme, précipite sa propre mort. Psychanalytiquement, ce sont des personnages non pas hantsé par la connaissance mais qui ne veulent pas savoir ce qu’ils savent fort bien (bien que sur un mode qui n’est pas celui du savoir) ; leur volonté de savoir est en fait un déni de savoir. Ils appartiennent à la tragédie shakespearienne qui a porté au plus haut point dans un théâtre de l’humain, cette part (humaine) de négation et de mort.

Le perfectionnisme n’est pas du coté de cette exigence de pureté Othellienne. Mais alors de quoi parlera-t-on, en fin de compte, pour résumer tous ces discours qui ont accompagné la campagne présidentielle américaine de 2008 : d’altération, de détournement du sens, perte des valeurs ? Même si c’est ainsi que le perfectionnisme s’exprime, ce n’est pas au nom d’une identification de la valeur à l’être, qu’il le fait. L’altération porte sur la formule de cette « Confiance en soi » au sens que lui donne Emerson. C’est l’altération de sens la plus grave et comme on l’a vu la plus partagée. C’est parce que ce Soi est opaque à lui-même, que l’expérience ne semble plus à portée de main, que le sujet est intermittent qu’il y a des doubles qui prolifèrent. De sorte que la question politique qui peut se poser n’est pas dans les termes d’une décadence du politique, d’une perte des repères. C’est au contraire l’exaspération d’une crise exemplaire qui a connu sa conclusion heureuse. Ce qui a été constamment risqué tout au long de la campagne de B.H Obama s’appliquait à toutes les vertus démocratiques et à tous les modes de représentations. Il s’agissait de vertus éminemment « communes » dont chacun de nous a été entièrement parti-prenante. Nul mystère, nulle victoire de la lumière sur l’ombre mais le résultat de la patience.

La patience qui arrive inéluctablement à son but : telle serait la vertu d’une nouvelle mission pour la philosophie et qui permet de répondre à tant de faux-écrans, de doublons, de versions fausses. Ce sont contre eux que la patience s’arme. C’est la leçon du perfectionnisme qu’est interne en fait à la démocratie une dimension de retournement contre elle-même. Mieux, et cela permet de désigner la nature de l’ennemi ainsi que donner à la critique ses ailes : est interne à la démocratie une dimension d’enlisement dans son fond mythique ou utopique au risque de rater sa dimension ordinaire. A la manière d’un héros romanesque, la démocratie se joue d’un fond de vieilles histoires (de paradis originels, d’utopies, qui sont autant d’images d’elle-même diffractées à l’infini, peut-être perdues mais toujours présentes) pour retrouver le Réel. Stanley Cavell écrit dans Conditions nobles et ignobles : la constitution du perfectionnisme moral émersonien (1993 pour sa traduction française)

Quelles que soient les confusions qui attendent la pensée philosophique et morale, la réalité de versions dégradées ou parodiques d’une possibilité devrait-elle nous priver du bien de cette possibilité ? Que des prétentions dégradées au christianisme, à la philosophie ou à la démocratie soient inévitables, cela ne signifie pas, pourrait-on dire, une défaite de l’objet authentique, mais cela fait partie de son contexte et de sa motivation. Si bien que, de façon générale, la mission du perfectionnisme dans un monde de fausse démocratie (et de faux appels à la démocratie) est de découvrir la possibilité de la démocratie, qui pour exister doit, de manière récurrente, être (re)découverte.

Le perfectionnisme place ainsi la question politique tout à fait différemment : étant données nos existences mêlées et le risque inhérent à notre condition partagée, comment ne pas désespérer de cette victoire finale dont parle sans cesse Emerson ? Il y répond en nous invitant voir dans ce risque auquel nous sommes constamment confrontés une partie intégrante de l’enjeu démocratique. Mais comment jouer le jeu de cette (re)découverte démocratique ? Il se trouve qu’une telle réaffirmation est la posture même de B.H Obama, perfectionniste, émersonienne.

(...)


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Voir en ligne : B.H Obama - une représentation politique du perfectionnisme

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