Le Perfectionnisme (philosophique)
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Qui est Stanley Cavell ?

mercredi 15 juin 2011, par Pascal Duval

Stanley Louis Cavell, (né le 1er septembre 1926), est un écrivain et un philosophe américain. Il est depuis 1997 professeur émérite d’esthétique et de théorie générale de la valeur (qu’il enseigne depuis 1963) à l’université de Harvard.

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J.L Austin
C’est vers le début des années 60 que S.L Cavell étudie avec J.L Austin à Harvard et qu’une toute nouvelle manière de philosopher, en prise avec le langage ordinaire, permet à Stanley Cavell de trouver sa voie (voix)

Il se fait un nom en philosophie fin des années 60 autour de la défense d’Austin et de son enseignement sur les investigations philosophiques de Wittgenstein, dont il est actuellement un des lecteurs le plus originaux et les plus sobres. Stanley Cavell se situe donc dans un tournant linguistique et analytique typique d’un héritage positiviste en Amérique dans le fil notamment de l’immigration des penseurs des cercles de Vienne, époque qui s’est avérée également important du point de vue de la constitution de la discipline philosophique et de son corps professoral au sein de l’université américaine. Mais il critique les différentes formes de cet héritage : éloignement de la figure de l’intellectuel, professionnalisation de la philosophie, rupture et isolement culturel. Stanley Cavell n’a jamais abandonné un dialogue avec la philosophie continentale depuis sa lecture des romantiques allemands (Schlegel,Goethe) et anglais (Coleridge, Wordsworth) jusqu’à celle des auteurs français les plus contemporains comme Lacan, Derrida, Maurice Blanchot.

Stanley Cavell est un des rares auteurs philosophique actuel capable d’être aussi créatif dans ces deux dimensions (la philosophie analytique et philosophie continentale) et donc à même de panser la déchirure actuelle de la philosophie.. , ce qui ne va pas sans une prise de position qui le rend quelque peu excentrique et risque d’être incompris des deux cotés : dès ses premiers essais, Stanley Cavell, affirme un ton nouveau en philosophie, un ton moderniste, qui tranche avec le type d’argumentation dans lequel il voit l’exercice de la philosophie en Amérique s’enfermer. La philosophie se définit, selon lui, d’abord comme la production de textes.

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The Claim Of Reason
Il écrit une thèse (the claim of rationality) qu’il refondera et prolongera dans les années 70 dans un ouvrage majeur : the claim of reason - Wittgenstein, Skepticism, Morality, and Tragedy.

Il va donc s’entretenir avec tout un courant critique aux Etats-Unis. Mais il n’embrassera pas pour autant ce qui va courir sous le nom de French Theory en Amérique, dans lequel il reconnaît une forme importée. Stanley Cavell préfère valoriser une forme proprement américaine de philosophie quitte à se défendre contre ce refoulement de l’Amérique parfois contre sa propre culture qu’il lui revient donc de lever. La philosophie comme littérature est chez lui au centre d’une pensée dont les thèmes de parcours sont multiples. Stanley Cavell se livre a un programme de recherche ouvert à des congruences qui étonnent l’esprit au gré d’une écriture inventive qui s’abandonne à toutes les "heureuses rencontres". Chez Stanley Cavell, par exemple, le cinéma (emblème de cette culture populaire américaine qu’il entend remettre en valeur) rencontre la pensée d’Emerson, l’étude d’un problème classique de la philosophie traditionnelle comme le scepticisme gnoséologique et moral rencontre la comédie romantique shakespearienne. Ces congruences du champ intellectuel tracent à l’intérieur de la philosophie des lignes de lecture aussi inattendues que fécondes.

L’une de ses lignes, Stanley Cavell, l’appelle le perfectionnisme auquel est consacré le présent site. Découverte pour l’Amérique, cette dimension morale et politique pourrait bien connaître à partir de la traduction progressive des ouvrages de Cavell (particulièrement en France), un destin européen ; un destin, en retour, qui n’est peut-être pas inscrit ailleurs que dans l’essence ou la pensée de l’Amérique.

La pensée de Stanley Cavell devient de mieux en mieux connue en langue française grâce au travail de ses traducteurs et de médiation comme Claude Imbert, Sandra Laugier, Christian Fournier, Christiane Chauviré, Elise Domenach avec notamment la réunion de trois de ces essais sous le titre qu’est-ce que la philosophie américaine dans une édition grand public.

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